Qu'est-ce qui manque vraiment aux Italiens à l'étranger? Spoiler: ce n'est pas (seulement) la pizza
Si tu demandes à un Italien vivant à l’étranger ce qui lui manque, tu t’attends à des réponses prévisibles: la pizza, le café, le soleil, lever le pied au travail. Puis tu fais un sondage. Et tu découvres que la réalité est un peu plus intéressante.
Nous avons posé une question simple, avec une règle tout aussi simple: «Qu’est-ce qui te manque le plus de l’Italie?», avec un maximum de trois réponses par personne. Voici ce qui est ressorti sur 687 votes valides:

- Les dîners en famille - 29,2%
- Le climat - 26%
- Le bidet - 19,1%
- La pizza - 15,3%
- La télévision italienne - 4,6%
- La moka - 3,2%
- Le rythme de travail - 2,5%
Oui, tu as bien lu: le bidet bat la pizza. Et la télévision italienne… bon, ça, c’était plus facile à croire.
L’Italie, ce n’est pas seulement de la bonne cuisine, c’est aussi l’habitude de la partager
La donnée la plus forte n’est pas en tête du classement. C’est le sens général: ce ne sont pas les produits qui gagnent, c’est le contexte.
Les dîners en famille à 29,2% ne sont pas un simple résultat: c’est une déclaration. Cela veut dire que ce qui manque vraiment, ce n’est pas ce que tu manges, mais avec qui tu le manges.
Et quand tu y penses, cela change tout, parce que la pizza aussi est, oui, un symbole de la culture italienne. Mais seule, elle perd un peu de terrain et finit à la quatrième place. Qui sait ce qui se serait passé si nous avions proposé «La pizza entre amis».
Ce n’est pas un hasard si, juste avant Pâques, cette donnée ressort aussi fortement.
Et c’est cohérent avec ce que nous voyons chaque jour: ceux qui vivent loin ne cherchent pas «le produit italien», ils cherchent la normalité italienne.
Le bidet est sur le podium (et il le rehausse)
Puis il y a lui, cette troisième place inattendue: le bidet devant la pizza, ce n’est pas seulement une curiosité.
C’est une petite vérité culturelle. Dans ces 19,1%, il y a:
- self care (ce qui n’est pas toujours aussi évident à l’étranger),
- praticité (une solution simple, mais géniale),
- et aussi l’autodérision italienne.
Ces derniers mois, il est presque devenu un mème international: entre vidéos, curiosités et athlètes étrangers qui découvrent «cet objet mystérieux», les Italiens ont fait ce qu’ils savent faire de mieux: expliquer quelque chose de très sérieux en riant.
Au fond, le bidet, c’est ça: quelque chose de très concret, raconté d’une manière très italienne.
Le climat, oui, mais pas comme tu le crois
Deuxième place: le climat. Prévisible? Oui, mais attends. En réalité, le climat est le plus petit dénominateur commun des réponses précédentes. C’est la température, bien sûr, mais aussi la manière dont tu vis tes journées, le temps que tu passes dehors, la façon dont tu socialises sur une place. C’est un accélérateur social.
Les Italiens paresseux? On ne dirait pas
Dernière place: le rythme de travail (2,5%). Cette donnée vaut plus qu’il n’y paraît, parce qu’elle démonte un cliché. Si vraiment on travaillait «moins» à l’étranger, ce chiffre serait plus élevé.
Eh bien non.
Ceux qui vivent loin ne perçoivent pas l’Italie comme un système plus léger. Au contraire, ils reconnaissent probablement que notre rythme est complexe, stratifié, souvent plus stressant qu’on ne le raconte.
Entre petites entreprises, pression économique et instabilité, le travail en Italie n’est pas exactement des vacances. Et c’est justement pour cela qu’il ne te manque pas.
La télévision italienne nous change, mais pas assez bien pour qu’elle nous manque…
La télévision des analyses, celle des séries «bien faites», des films qui nous rendent célèbres dans le monde, mais aussi tout le trash, la légèreté et les distorsions d’un média qui nous change et nous reflète à la fois. Eh bien, tout cela manque peu aux Italiens de l’étranger.
Hormis les grands événements culturels (comme Sanremo), il est difficile de penser que le streaming en ligne soit un facteur décisif dans cette préférence.
Dans tous les cas, penser que le bidet soit au-dessus de la télévision italienne dans le classement fait beaucoup sourire.
Et la moka?
La petite moka, jolie et parfumée, est avant-dernière. Les Italiens continuent à boire du café («espresso», comme on le précise à l’étranger), mais ils se tournent probablement de plus en plus vers les machines… et la moka ne reste ainsi dans le cœur que de 3,2% des Italiens vivant à l’étranger.
Deux notes sur la manière dont nous avons mené le sondage
Pas de supercazzole méthodologiques, tranquille. Les pourcentages sont calculés sur le total valide des votes exprimés. Le sondage s’adressait aux Italiens vivant à l’étranger en Europe. Entre le 26 mars et le 2 avril 2026, chaque personne pouvait choisir au maximum 3 options. 400 utilisateurs ont participé, dont 328 jugés valides, et ils ont exprimé 687 votes valides.
Ce n’est pas une recherche académique, mais ce n’est pas non plus une discussion de comptoir. C’est un aperçu réel, utile pour comprendre ce qui reste dans le cœur des Italiens quand ils s’éloignent vraiment de chez eux.